
QUATRIEME DE COUVERTURE
Pourquoi la communication a-t-elle pris autant de place dans nos sociétés modernes ? Est-ce seulement à cause de la prolifération des téléviseurs et autres "machines à communiquer" ?
Dans cet essai, Philippe BRETON affirme qu'on ne peut se satisfaire de cette explication triviale et avance une thèse beaucoup plus radicale : la communication est devenue une nouvelle utopie, d'autant plus conquérante que les grandes idéologies - socialisme et libéralisme - sont en crise.
Cette utopie est celle d'un homme "sans intérieur", réduit à sa seule image, dans une société rendue "transparente" par la grâce de la communication. Et, si elle s'affirme aujourd'hui avec autant de force, c'est qu'elle a été théorisée en des termes étonnamment actuels dès la fin de la Seconde Guerre mondiale par un mathématicien américain, Norbert WIENER, dont l'oeuvre essentielle reste trop méconnue. L'analyse critique de ces travaux permet à l'auteur de démontrer comment, paradoxalement, la "société de consommation" peut ouvrir la porte à la violence et à l'exclusion.
MON AVIS

Ignacio RAMONET le disait, « il est de plus en plus difficile de distinguer ce qui relève de l’information, de la communication ou de la culture de masse ». En effet, nous vivons dans une société où le pouvoir des médias et le quasi-monopole qu’ils exercent deviennent de plus en plus importants. La communication est désormais partout et nulle part à la fois, le mot étant tellement galvaudé que l’on peut se demander s' il n'a pas perdu de sa signification.
Dans ce livre, au titre explicite, Philippe BRETON s’interroge sur les origines, trop méconnues, de cette communication et sur ces effets à court et long termes dans la société moderne.
La communication, en résonance totale avec le contexte de guerre dans lequel elle est née, ne semble être qu’une utopie dans notre société. Utopie dans le sens où le « tout communication » doit rester un mythe. Elle est essentielle dans la vie sociale en général et dans les relations entre les personnes en particulier, mais ne doit aucunement prendre l’ascendant sur les membres de la société. Elle doit rester un outil. Déjà, à l’époque de la découverte de la cybernétique, Marshall McLUHAN annonçait les dangers d’une communication abusive : chaque grande étape du développement technique dans le domaine de la communication (écriture, imprimerie, …) induisait de profondes transformations sociales et culturelles. Or, décrire l’homme moderne comme le pur produit des techniques qu’il utilise, revient à penser l’homme comme le jouet passif des évènements et des nouvelles technologies.
Notre société moderne est celle des fusions, des conglomérats, des médias de masse, … une société dans laquelle la communication a pris le dessus. Ignacio RAMONET, le premier, d’accuser la sphère de la communication de tout manger sur son passage, y compris la sphère de l’information.
Une question reste entière : on peut penser une société de communication comme une interaction perpétuelle entre ses membres, une société dans laquelle la guerre, l’incompréhension et le mensonge n’auraient pas lieu d’être. Mais le problème qui se pose, n’est pas tant l'omniprésence de communication que sa séparation avec l’information. Nous communiquons certes, mais arrivons-nous encore à nous « dire » des choses ? Nous sommes finalement dans le cercle vicieux d’une société qui nous voudrait communicants, mais dans laquelle les rapports sociaux « physiques » ne peuvent exister que par le biais d’un ordinateur et d’une photo, bref par le biais de médiums.
Futurs lecteurs, bienvenue dans le 21ème siècle !
QUI SUIS-JE ?
Après un Master 2 InfoCom, j'ai décidé de me lancer dans la vie active. Mon objectif ? Devenir chargée de communication / relations presse. Si vous êtes intéressé par mon profil - ou curieux de mieux me connaître -, n'hésitez pas à visiter mon blog.
Bonne lecture et à bientôt.