J'ai toujours refusé d'être "un pur produit universitaire", c'est-à-dire de faire partie de ces personnes qui possèdent le Savoir, mais pas le Savoir-faire.

Loin de moi l'idée de remettre en question le système éducatif français, mais je suis convaincue que le terrain - la pratique - est intimement et utilement lié au théorique. Les chercheurs ne vont-ils pas sur le terrain pour confirmer ou infirmer leurs réflexions théoriques ?

C'est dans dans cette optique-là que j'ai fait le choix, il y a 3 ans, d'intégrer un Master Professionnel. Nous sommes bien d'accord, ce type de formation est loin d'être aussi "pratique" que l'alternance. Mais elle permet, en plus d'un savoir théorique poussé, de réaliser des stages permettant de se confronter à la réalité de l'entreprise.

En effet, la fac est un microcosme, un univers particulier : cours "à la carte", emploi du temps destucturé, ambiance studieuse et / ou festive, territoire original fait de "salle A240" ou de "préfa", vocabulaires et abréviations spécifiques tels "session", "partiel", "module", "BU" (bibliothèque universitaire), "RU" (restaurant universitaire) ou encore "UFR" (unité de formation et de recherche)...

Bien entendu, rares sont les étudiants a ne jamais avoir eu de job d'été. Que de bons souvenirs de ces vacances passées dans des usines de mise sous plis, des champs de pommes, des structures remplies d'enfants courant partout ou des supermarchés bondés le samedi jusqu'à 22 heures ! Mais quelle joie lorsqu'arrive la fin du mois d'août et que l'on pense que cette "expérience professionnelle" va toucher à sa fin ! Et oui, les job d'été sont formateurs. Mais ils sont, avant tout, source de remises en questions : comme la vie est "cool" à la fac !

Et puis, arrivent les stages en entreprise. Autre vision du monde du travail. On s'éreinte pendant des mois et des mois à trouver LE stage parfait, LA boîte idéale, LES missions rêvées. Et là, on ne peut que penser que c'est vraiment agréable de faire ce que l'on aime. Et oui, à notre époque, c'est un vrai luxe de dire : "Je suis heureux de me lever chaque matin pour exercer une fonction qui me plaît et dans laquelle je m'épanouis vraiment !".

Comme le monde du travail reproche sans arrêt aux jeunes diplômés de ne pas avoir "assez d'expérience" et quelquefois "trop de diplômes", les stages sont un bon moyen de justifier "concrètemement" de ce que l'on a dans la tête.

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